Nous sommes à l’heure des séminaires de début d’année, l’heure de redonner le cap, de réunir les managers pour impulser une nouvelle dynamique en 2010. Seulement voilà, la tache s’avère souvent délicate. L’année 2009 a laissée des traces. Dans certains cas, les managers sont à peine sortis d’une zone de turbulences et des équipes de direction restent dubitatives sur la bonne orientation à donner pour redynamiser leur équipe … un exercice périlleux.
Pour quelle logique opter ? Le séminaire “paillettes et plaisir” et prendre le risque de l’indécence après la crise ; le séminaire d’austérité et de restriction qui peut pousser le management à la déprime et à la perte de confiance …
Il y a peut être une troisième voix et je voulais vous faire part d’une expérience, vécue hier, en accompagnant un séminaire de direction qui, selon moi, sonnait juste. Pour commencer et bien comprendre le ton et la logique du séminaire, je me permets de citer le mot de conclusion de son dirigeant (qu’il ne m’en veuille pas si je déforme un peu son propos) :
“Il est des situations où tout semble aller bien, rouler sans entraves, et d’autres où les difficultés nous submergent et ou il n’y a pas de solutions sans casse. Nous ne sommes dans aucune de ces deux situations, nous sommes dans une situation d’un déséquilibre léger qui nous fait vaciller et nous oblige à nous remettre en questions. Pour tout vous dire, c’est cette situation que je préfère, je n’aime ni les situations de mer d’huile, ni les situations désespérées. Le déséquilibre pousse à se mettre en mouvement, à rechercher ensemble et à trouver des idées pour avancer autrement, c’est pour moi la meilleure situation la vie d’une entreprise.”
Autour de cette idée, l’équipe RH que nous avons accompagné dans la démarche n’a pas choisi de faire un séminaire paillettes ou un séminaire austère mais a retroussé ses manches, s’est obligée à l’exemplarité et à la remise en question. Le mot d’ordre a été de bâtir des principes et des idées de séminaire dans un budget maîtrisé sans pour autant revoir ses exigences à la baisse : donner du sens pour aider les managers à voir clair dans le plan stratégique, amener chacun à participer à cette réflexion et le faire dans une ambiance positive, authentique et festive. Résultat : une équipe Rh qui donne le ton du séminaire : “quand on a des ressources limitées, ça nous pousse à innover, à rechercher avec une nouvelle énergie, les solutions du séminaire, à faire autrement”.
Aucun séminaire n’est idéal, mais l’important réside, selon moi, dans la clarté et la réception du message par les managers. Les paillettes peuvent parfois enlever de l’authenticité ou de la simplicité au message, au cap donné par l’équipe de direction. L’austérité peut parfois sonner comme une sanction, comme un retour sur le passé et ne pas aider les managers à se mettre en mouvement.
Je ne sais pas si il existe un juste milieu pour un séminaire mais je pense qu’il est des moments qui nécessitent de la simplicité, de l’authenticité et du parlé simple sur le bilan et sur les objectifs, des moments qui nécessitent de l’écoute, de l’expression et de l’échange pour que chacun puisse exprimer ses inquiétudes, ses croyances ou ses envies, et enfin, des moments de construction positifs et sereins.
Pas de recette pourtant, chaque entreprise est différente, chaque contexte est différent et l’important pour une équipe de direction est d’arriver à sentir la situation, les attentes et les inquiétudes des managers. Cette lucidité permet souvent de trouver la forme adaptée au message qui va permettre de se mettre en mouvement autour d’orientations communes. Un exercice pas facile mais passionnant.










